dimanche 29 novembre 2009
dimanche 29 novembre 2009
Alan Turing et Belle de Jour
Malicieuse sérendipité... En errant sur la toile voilà que je tombe sur 2 histoires bien troublantes:
La première est celle d’Alan Turing, génial mathématicien anglais. Pionnier de l’intelligence artificielle. On lui doit la machine de Turing, considérée comme le premier des ordinateurs. On lui doit aussi le décryptage du code Enigma utilisé par les Allemands pour leur communication pendant la 2nde guerre mondiale. Décodage qui aurait été une des clefs de la réussite du débarquement de juin 44.
Après la guerre, Alan Turing, devenu héros national, continue ses recherches à Cambridge. Un soir, il découvre son appartement cambriolé. A la police qui lui demande s’il sait qui l’a cambriolé il déclare naïvement : « Oui, c’est peut-être M. Arnold Murray, mon amant ».
Turing était homosexuel. Au début des années 50, en Angleterre, la loi qui avait condamné Oscar Wilde 60 ans plus tôt, est toujours en vigueur. L’homosexualité est un délit. Turing est jugé, et pour éviter la prison il se soumet à la castration chimique. Quelques mois plus tard, le 7 juin 1954, Turing humilié, se suicide chez lui en croquant une pomme qu’il a préalablement empoisonnée au cyanure. Comme Blanche Neige. Alan Turing a 42 ans.
La rumeur prétend que la « pomme croquée » aurait été choisie comme logo par Apple en hommage au père de l’informatique.
Une toute autre histoire, celle de « Belle de jour ». De 2003 à 2004, Belle de jour est call-girl à Londres. Elle blogue avec talent sur son expérience de call-girl et le buzz se concentre sur elle. Son témoignage, qui reste anonyme, fait l’objet d’un best-seller « Le journal intime d'une call-girl ». Puis d’une série télévisée. Il y a quelques jours l’anonymat de Belle de Jour est tombé : Belle de Jour, alias Brook Magnanti, 34 ans, est une chercheuse respectée en épidémiologie à l’hôpital de Bristol. Elle travaille sur le cancer de la thyroïde chez les jeunes enfants. Elle déclare avoir, à l’époque, fait commerce de son corps pour pouvoir terminer son doctorat.
Aucun rapport entre ces deux histoires de scientifiques si ce n’est qu’elles m’ont évoqué ce qui revient comme un leitmotiv dans la bouche de beaucoup de nos invités : «La science ne flotte pas dans les airs, c’est toujours dans les individus que cela se porte!»
JMG